15 juillet 2024

11 juillet 2024

02 juin 2024

Série - Musées en Outre-mer : Le musée du Rhum en Martinique, entre tradition séculaire et innovation éco-responsable

Publié par Eline ULYSSE
~7 min lecture | le 02/06/2024 - il y a 7 jours

©  Danbeal

           A travers cette série, "Outremers360°" vous propose de partir à la découverte des musées en outre-mer : leur histoire patrimoniale, sociale et territoriale, leurs collections, leur programmation culturelle et leurs projets à venir. 

Cette semaine, "Outremers360°", vous propose de découvrir le musée du Rhum, situé au sein de la distillerie Saint-James à Sainte-Marie, en Martinique. Ce musée retrace l'évolution de la production du rhum depuis le XVIIe siècle jusqu’à nos jours. Les visiteurs peuvent y découvrir des expositions sur les méthodes de distillation traditionnelles, les outils anciens, et les différentes étapes de fabrication.

 

Jules-Michel Fayad, responsable du musée du Rhum et de l'Habitation La Salle, a accepté de nous servir de guide dans ce voyage historique et culturel aux multiples saveurs et aux arômes envoûtants.

UNE HISTOIRE ET UN SAVOIR-FAIRE SÉCULAIRES.

L’histoire du rhum Saint-James débute en 1765 à Saint-Pierre, lorsque le révérend Père Edmond Lefebure fonde la sucrerie Saint-James à proximité de son hôpital et élabore un alcool de canne à sucre appelé Tafia. Père supérieur au couvent des Frères de la Charité, il est également chimiste dans l'âme et saisit rapidement le potentiel des eaux-de-vie et leurs vertus médicinales. Il produit alors lui-même des rhums remarquables qu’il nomme « Saint-James » probablement afin de faciliter la vente de cet alcool aux colons de la Nouvelle Angleterre.

Saint-James vers 1860, se distingue par sa production de rhum agricole, une spécificité martiniquaise reconnue pour sa qualité supérieure. La production du rhum Saint-James commence dans les vastes champs de canne à sucre de la Martinique. Après la récolte, la canne est pressée pour en extraire le jus, qui est ensuite fermenté et distillé. Contrairement au rhum industriel, qui utilise la mélasse, le rhum agricole est fabriqué directement à partir du jus de canne, conférant au produit final une saveur unique et raffinée. Après distillation, le rhum est vieilli en fûts de chêne, où il développe ses arômes complexes avant d'être mis en bouteille.

Initialement, le rhum Saint-James était destiné à l’exportation. Il n'y avait pas de consommation locale de rhum à la Martinique, tout était exporté en vrac vers les ports de Nantes et Bordeaux. Entré sur le marché européen dans les années 1870, Saint-James devient la première marque de rhum agricole de Martinique. Il est rapidement reconnu comme une marque emblématique. Il est d’ailleurs mentionné dans le Larousse des marques du siècle. En 1902, après l’éruption de la montagne Pelée, la distillerie est en partie détruite et déploie ses activités sur plusieurs sites, dont celui de   Sainte-Marie en 1974. En 1996, le rhum Saint-James bénéficie de l’appellation d’origine contrôlée, garantissant un produit de qualité respectueux des traditions.

En effet, depuis le XIXe siècle, le rhum est produit à l'aide d'une machine à vapeur. Le processus est simple : les peaux de canne séchées sont utilisées comme combustible, de la même manière que la sciure de bois alimente la machine. En s'appuyant sur un savoir-faire vieux de deux siècles et en évitant les technologies modernes, la distillerie Saint-James est parfaitement en phase avec les attentes écologiques actuelles.

« Les touristes nous disent souvent que notre méthode est exemplaire. Alors que nous pensions être dépassés et « has-been », nous pratiquons en réalité le recyclage des déchets et l'écologie depuis des années », nous explique Jules-Michel Fayad, fervent défenseur du développement durable et du tourisme responsable. A travers des pratiques respectueuses de l'environnement et de la culture locale, la distillerie contribue à la préservation des ressources naturelles et patrimoniales de l'île.

Habitation Saint-James © danbealHabitation La Salle © danbealJules-Michel Fayad ©Jules-Michel Fayad

DE LA CANNE À SUCRE À LA BOUTEILLE.    

La visite du musée du Rhum est une véritable plongée dans l'histoire et la culture de la production de cet alcool en Martinique. Le parcours débute par les jardins, où l’on trouve de nombreux moulins à eau, à boeuf, et à vapeur. Ensuite, le visiteur accède à l'ancienne maison du propriétaire de l'époque. Il peut ensuite poursuivre son parcours et découvrir la distillerie, le musée de la distillation, et admirer la cave à Millésimes Saint-James qui propose une collection exceptionnelle de Millésimes datant de 1885 à nos jours.

Parmi les pièces les plus remarquables, on trouve une collection d'alambics charentais en cuivre, utilisés pour les premières distillations, ainsi que la locomotive à vapeur restaurée, qui transportait autrefois la canne à sucre des plantations à la distillerie. Les visiteurs peuvent également admirer des objets historiques, comme des fioles de rhum retrouvées dans les tranchées de Verdun en 1914 : « À l'époque, le rhum Saint James était un véritable réconfort pour les poilus », nous explique Jules-Michel Fayad. Enfin, le visiteur peut admirer la célèbre bouteille de forme carrée créée à la fin du XVIIIe siècle, pour permettre un empilement efficace au fond de la cales des navires.

Le musée organise également une variété d'événements et d'activités pour ses visiteurs. Parmi les moments forts, on compte la Fête de fin de récolte, qui célèbrent la fin de la saison, ou encore la Fête du Rhum. Les visiteurs peuvent également participer à des dégustations de rhum, découvrir des expositions d'art et assister à des manifestations culturelles. Le train des plantations, récemment restauré, offre une balade pittoresque à travers les champs de canne à sucre, en passant par l’habitation La Salle à 1 km du musée et jusqu'au musée de la Banane, situé à 4 km de la distillerie.

Les visites sont conçues comme des expériences immersives, combinant histoire, culture et dégustation de rhums d'exception. L’enthousiasme et la connaissance approfondie des produits locaux ont fait de lui une référence incontournable pour tous ceux qui souhaitent découvrir le véritable esprit de la Martinique.

Musée du Rhum ©musée du Rhum Saint-James
Musée de la Distillerie ©Jules-Michel Fayad Le train de la plantation ©Jules-Michel Fayad Bouteille de rhum Saint-James datant de 1885
©musée du Rhum Saint-James.

LE SPIRITOURISME : UNE RÉCONCILIATION AVEC L'HISTOIRE.

Le musée du Rhum joue un rôle crucial dans la promotion de la culture et du patrimoine de la Martinique. En accueillant des visiteurs du monde entier, il contribue à faire connaître l'histoire complexe de l'île, marquée par l'esclavage et la production de sucre et de rhum.

Le rhum en Martinique est marqué par une histoire complexe liée à l'esclavage et à la misère. Alors que les alcools importés comme le whisky et le champagne étaient associés à la fête et au luxe, le rhum était souvent perçu comme un « alcool de détresse », consommé lors de funérailles et de moments de chagrin : « Les Martiniquais s’en servaient pour soulager leur blessure, panser leurs plaies », souligne Jules-Michel Fayad.

Avec l'essor du tourisme dans les années 1960 et la fermeture des grandes usines de sucre, la France cherche à transformer l'économie martiniquaise de la production de rhum vers une économie touristique. Cette transition met de côté la culture locale, en favorisant les grandes compagnies et le commerce destiné aux touristes, souvent au détriment de la population locale.

Les grandes compagnies aériennes, les hôtels de renom et les grands magasins, situés près du front de mer profitaient de cette économie touristique florissante. Les magasins pour touristes vendaient principalement des parfums, des montres en duty-free, du whisky, et du champagne, mais jamais de rhum ! Le rhum souffrait d'une mauvaise réputation, même son emballage n’était pas adapté. A cette époque le rhum était vendu en vrac dans des "chopines" d'un demi-litre, des "roquilles" d'un quart de litre, ou des "miss" d'un huitième de litre.

« Nous avons réalisé très vite que la culture antillaise était absente de l'économie touristique. Les touristes n'avaient pas accès au rhum de Martinique, et ne contribuaient pas au développement économique de l'île. Nous avons alors ouvert une boutique à Sainte-Marie, un petit musée. Et les touristes sont venus. Ils se sont intéressés aux machines, à la fabrication. Pour le touriste, le rhum évoque davantage le grand large, la Caraïbe, les flibustiers, les boucaniers, l'exotisme et le voyage que l'alcoolisme, et la souffrance », précise Jules-Michel Fayad.

Fort de ce constat, Jules-Michel Fayad redouble d’efforts pour promouvoir l’histoire du rhum dépositaire d’une culture mémorielle en Martinique. Le pari était alors de transformer ce patrimoine en un atout touristique majeur : « Né sur une ancienne habitation, et formé en histoire, j'étais naturellement destiné à m'immerger dans cette histoire douloureuse et passionnante à la fois », nous confie-t-il.

Le Spiritourisme attire aujourd’hui des visiteurs curieux de découvrir ce produit emblématique qui incarne la mémoire, la culture et le savoir-faire de la Martinique, tout en contribuant à son développement économique et touristique. C’est ainsi que depuis plusieurs années la Martinique voit émerger des distilleries soucieuses de travailler selon un savoir-faire ancestral et désireuses d'entretenir et de faire vivre ce patrimoine précieux.

Pour visiter le musée du Rhum Saint-James : https://rhum-saintjames.com/visiter/

Michel Fayad, précurseur du Spiritourisme à la Martinique : https://www.michelfayadspiritourismemartinique.fr/

EG

04 mai 2024

 Le cycle des hautes études pour le développement économique (CHEDE) | economie.gouv.fr.

24 Avril 2024

16 Avril 2024

Bruno Nestor Azerot, le maire de Sainte-marie et président de Cap-Nord, ainsi que le préfet de Martinique Jean-Christophe Bouvier étaient présents

14 avril 2024

28 mars 2024

14 Mars 2024

03 Mars 2024 

Pour la remise de prix sur le stand de l'ODEADOM, le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau, ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, et Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée.

Anne Hidalgo, maire de Paris & Audrey Pulvar femme politique, sont venues saluer Michel Fayad, à l'origine du Spiritourisme à la Martinique.

Autour de Michel Fayad, de gauche à droite, Audrey Pulvar, femme politique, adjointe au maire de Paris, Olivier Marie-Reine, président du Comité Régional de Pêche, et conseiller territorial, Lucien Salibert, président de l'Assemblée Territoriale de Martinique, José Maurice, Président de la Chambre d'Agriculture de Martinique, Anne Hidalgo, maire de Paris, et Jacques Martial, Comédien, homme Politique, Président du Mémorial ACTe de la Guadeloupe.

Dans cette vidéo, les différentes interventions de Marc Fesneau, ministre de l'Agriculture, Anne Hidalgo, maire de Paris, Michel Fayad des rhums        Saint-James, et Victorin Lurel, sénateur de la Guadeloupe, et ancien ministre des Outre-mer.

Michel Fayad en compagnie de Lucien Sallibert, président de l'Assemblée Territoriale de Martinique, et Kora Bernabé, femme politique, et présidente de l'Association des Producteurs de Cacao de Martinique. (VALCACO)

25 fevrier 2024

23 janvier 2024

20 Janvier 2024

17 janvier 2024

Martinique la Première présente :  "Martinique, les yeux ouverts"

Dans "Tout en doc", pour ce premier rendez-vous de l'année 2024, nous avons choisi de jeter un regard sur le passé, à travers de magnifiques photos en noir et blanc, prises entre 1960 et 1980 par Arlette Rosa Lameynardie.


Cette photographe née en Lorraine est devenue martiniquaise d'adoption après son mariage avec un martiniquais. Arlette Rosa Lameynardie était une pionnière dans son domaine et elle a immortalisé de nombreuses communes et des lieux encore incontournables de la vie foyalaise notamment. Ce mois-ci, "Tout en Doc" vous propose de découvrir le film documentaire "Martinique, les yeux ouverts", d'Arlette Pacquit et Virginie Berda.  L'invitée de Stéphanie Octavia sera Lyne-Rose Beuze, conservatrice en chef de musées

             Voir l'émission complète sur le lien suivant :

12 Janvier 2024

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06 janvier 2024

    L'Amiral Alain Coldefy, né le 25 novembre 1946 à Limoges (haute-Vienne), est un militaire français,              successivement, major général des armées, inspecteur général des armées, puis président de                        l'Académie de marine, il est aujourd'hui président de la Société des membres de la Légion d'honneur

Michel Fayad, responsable du château Depaz, du musée du rhum Saint-James, et de la Sucrerie La Salle, recevait ce samedi 05 janvier, l'Amiral Alain Coldefy, major général des armées, et président de la Société des membres de la Légion d'honneur, pour une visite de ces 3 sites, récemment restaurés, et symbole du patrimoine architectural de notre ile.                                                                                                                           

Ces 3 lieux sont aujourd'hui les locomotives du Spiritourisme à la Martinique, et contribuent activement  au développement économique, culturel, et touristique de l'arrière-pays martiniquais.

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